Le pain du boulanger
Sa paupière est si lourde et la nuit si présente,
Chacun dort bien au chaud, mais il faut s’éveiller.
Son œil à la fenêtre en quittant l’oreiller,
Voit dans l’obscurité le matin qui s’invente.
Que s'apaise le temps, que souffle la tourmente,
L’avant de la vitrine, il va l’ensoleiller
De senteur, de douceur à nous émerveiller,
Son travail est celui qui précède la vente !
La pelle, le calot, la lame et le pétrin
Jamais on ne les voit, jamais on ne devine
Quand le beurre et le blé nous flattent la narine,
Les secrets du fournil, cachés comme un écrin !
Mais les croissants dorés, les petits pains câlins
Sont bien nés d’une main qui forme la farine,
Si l’artisan s’endort à présent que l’on dîne,
Son rêve nous emporte aux ailes des moulins !
Hanternoz (2012)
Quand l'intelligence, la passion mais aussi le courage se lient pour faire cause commune, alors l'artisan devient artiste.
L' art du Boulanger, du Patissier semble voué à l'éphémère, mais il n'en est rien. La mémoire n'oublie pas l'excellence. Les saveurs et les odeurs savent persister longtemps, qui n'a pas souvenir de la bonne odeur qui nous accueille chez l'artisan Boulanger?
Ce poème se veut un témoignage d'amitié.
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